Certaines plantes traversent les siècles sans rien perdre de leur aura. Le ginseng coréen en fait partie. Depuis plus de deux mille ans, cette racine occupe une place centrale dans les pharmacopées d’Asie. Son nom botanique, Panax ginseng C.A. Meyer, résume à lui seul sa réputation : « panax » vient du grec et désigne le remède universel.
Geumsan, berceau d’une tradition vivante
L’histoire de cette plante s’écrit d’abord dans les montagnes coréennes. Une légende tenace situe sa découverte du côté de Geumsan, région qui demeure aujourd’hui le cœur battant de la production haut de gamme de Ginseng. Les anciens y voyaient un présent du ciel : la forme de la racine, étrangement humaine, symbolisait le lien entre la terre et celui qui la cultive.
Dès le XIIIᵉ siècle, le ginseng gagne l’Europe dans les bagages des voyageurs. Leurs récits décrivent une plante capable de redonner des forces aux organismes épuisés. La tradition, elle, repose sur une vertu simple : la patience. Il faut du temps à la racine pour livrer le meilleur d’elle-même.
Une composition qui fait la différence
Tout se joue sous terre. Pendant quatre à six ans, la racine puise lentement dans le sol les composés qui font sa singularité : les ginsénosides. C’est à cette maturité que leur concentration atteint son niveau optimal, ce qui explique la valeur et la rareté des racines âgées.
Selon les données diffusées par la filière coréenne du ginseng, la variété cultivée en Corée renfermerait 32 ginsénosides, contre 15 pour le ginseng chinois, 14 pour l’américain et 8 pour le japonais. Une richesse qui fonde sa réputation.
Ce que dit la recherche
Le ginseng coréen rouge fait l’objet de travaux scientifiques réguliers. Selon la monographie de l’Agence européenne des médicaments (EMA) consacrée au Panax ginseng, la racine relève de l’usage traditionnel pour soutenir l’organisme en cas de fatigue et de sensation de faiblesse passagères.
D’autres pistes sont explorées. Selon une revue systématique publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology (Jang et al., 2008), le ginseng rouge a montré des résultats encourageants sur la fonction érectile, tout en appelant des essais complémentaires. Selon une méta-analyse parue dans PLoS One (Shishtar et al., 2014), sa consommation s’accompagne d’une amélioration modeste de la glycémie à jeun. Ces travaux invitent à la nuance : le ginseng accompagne une bonne hygiène de vie et gagne à s’inscrire dans un suivi médical.
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